Tout au haut du tertre, on dressa sa tente et le bivouac des piroguiers, des porteurs qu'il fallait surveiller, qu'il fallait maintenir à tout prix.

Aux deux extrémités de l'îlot, un petit poste de cinq tirailleurs, chargé de faire bonne garde et de tirer sur quiconque essaierait de fuir.

Baratier s'était assis près de l'un des autres petits postes.

Soudain le factionnaire, arrêté près de Baratier, lui montra la rive de l'îlot.

—Capitaine... les pirogues... il y en a donc quatre?...

L'officier regarda.

En effet, près du bord, presque à toucher les embarcations... une longue masse sombre s'allongeait.

—Oh! continua le factionnaire, voyez donc, mon capitaine... cinq, six... Et ça bouge... Ce sont des crocodiles.

Sournoisement, les sauriens, flairant une proie, sortaient de l'eau, rampaient vers le campement.

Lentement, ils se rapprochaient peu à peu du campement.