Il se rapprocha, arriva devant le commandant, et, prenant la position règlementaire:
—On a établi en travers du sentier, déblayé ces jours derniers par nos éclaireurs, des abatis d'arbres. C'est une véritable barricade, épaisse d'au moins trois ou quatre cents mètres.
Le commandant haussa les épaules:
—En quarante-huit heures, le passage sera rétabli. Que l'on campe ici. Les porteurs seront employés comme ouvriers. Que l'on fauche tous les buissons dans un rayon de cinq cents mètres, afin que, la nuit, nos projecteurs électriques éclairent le terrain dénudé et s'opposent à toute surprise.
Puis, se tournant vers les officiers:
—Pour vous, messieurs, des reconnaissances dans toutes les directions. En avant des abatis surtout. Il s'agit de savoir si d'autres obstacles n'ont pas été créés, entre ce point et celui où nous pourrons reprendre la navigation.
Les capitaines Mangin et Baratier s'éloignèrent en courant, suivis par le sergent Dat qui communiqua aux divers gradés les instructions du commandant.
Une demi-heure plus tard, le campement était établi.
Des escouades de porteurs, armés de haches ou de sabres d'abatis, fauchaient les buissons à droite et à gauche du campement. Des arbustes coupés, d'autres formaient des fagots qu'ils allaient précipiter dans la rivière.
Marchand s'était porté en avant, pour se rendre compte de l'importance de l'obstacle placé sur sa route par des mains inconnues.