C'étaient des abatis conçus évidemment à la manière européenne.

En effet, si l'on veut rendre une route encaissée impraticable à l'artillerie et à la cavalerie, on abat des arbres en travers, et, pour leur donner plus de cohésion, on les relie par un lacis de fil de fer.

Ici on avait procédé de même.

Seulement, le fil de fer faisant défaut dans les forêts africaines, on y avait substitué des liens de joncs.

Il n'y avait donc pas de doute.

La série des tracasseries anglaises commençait.

Sous ce climat torride, tout retard d'une colonne, tout surcroît de fatigue imposé à ceux qui en font partie, sont batailles gagnées par l'ennemi.

Ce qui arrête une troupe bien armée et approvisionnée, ce n'est pas la résistance des indigènes, c'est la lassitude.

La lassitude, mère de l'anémie, mère de la fièvre, qui terrassent les plus forts, qui déciment les corps les plus entraînés et les mieux conduits.

Mais, en confiant la mission Congo-Nil au commandant Marchand, le gouvernement français avait été bien inspiré.