—Je ne vous vois plus si souvent qu’autrefois, André; est-ce que vous ne vous plaisez plus avec moi?
—Pourquoi donc alors ne venez-vous pas tous les jours?
—Mademoiselle, je crains maintenant de vous déranger.
—Comment! est-ce que je n’étudie pas aussi bien devant vous? Il me semble même que je travaille avec plus de plaisir quand vous êtes là. Mais la musique vous ennuie peut-être?
Oh! non, mademoiselle...
—Mademoiselle... comme vous me parlez avec un ton de cérémonie! André! il me semble que vous n’êtes plus aussi gai qu’autrefois. Est-ce que-vous avez des chagrins?... Ce serait bien mal de ne point me les confier... Vous savez bien que je suis votre amie...
Je me sens si heureux de ce qu’elle me dit, que je n’ai plus la force de parler; je ne trouve pas ce que je voudrais exprimer, je me contente de lui présenter ma rose en balbutiant:
—Voulez-vous bien permettre, mademoiselle...
—Ah! la belle rose... C’est donc pour moi, André?