Mon sang bouillonne dans mes veines, mais Adolphine accourt auprès de moi; son regard est suppliant:

—Mon Dieu! pourquoi donc vous disputer, s’écrie-t-elle, mon cousin; que vous a donc fait André pour lui parler ainsi?...

—Votre André est un drôle que je veux corriger.

—Je ne me connais plus, je suis prêt à m’élancer sur le marquis... Adolphine se jette entre nous, elle étend ses bras vers moi.

—Rendez grâces à la présence de mademoiselle, dis-je au marquis; sans elle vous ne m’auriez pas insulté impunément.

—Je crois vraiment qu’il me brave... Ah! c’en est trop! et je veux...

En ce moment ma bienfaitrice paraît au milieu de nous; elle a entendu notre querelle, et, oubliant ses souffrances, s’est empressée d’accourir. Adolphine court dans les bras de sa mère en s’écriant:

—Ah! maman! je t’en prie, empêche-les de se quereller... si tu savais...

—J’ai tout entendu, dit madame la comtesse; Thérigny, je croyais que vous auriez plus de respect pour moi, et que, dans mon appartement, devant ma fille, vous ne vous seriez pas livré à de tels emportements.

—Comment! ma chère tante, quand ce?...