—Je n’y restais que parce que j’attendais toujours mon frère.
—Nous l’attendrons ensemble, ce sera plus gai. Mais tu m’as parlé d’une certaine armoire garnie de liqueurs, si nous allions lui dire deux mots?
Pierre s’empresse de conduire son ami dans la pièce où sont les liqueurs. Il dresse une table sur laquelle il met les débris d’un pâté, restant de son déjeuner.
—Est-ce que tu n’as que cela? dit Rossignol.
—N’est-ce pas assez?
—Eh! non, nigaud; quand, on reçoit un ancien ami, on lui donne autre chose à manger qu’un restant de pâté.
—Mais comment avoir autre chose? il n’y a que ça ici.
—Ah! que tu es encore innocent... et les traiteurs! est-ce qu’ils sont établis pour les mouches à miel? Allons, vite, appelle ton portier, qu’il coure chez le premier gargotier; qu’il fasse apporter des côtelettes, des andouilles, des petits pieds... une bonne omelette, et pendant ce temps nous faisons une descente à la cave, avec laquelle je ne serais pas fâché de faire connaissance.
La vivacité de Rossignol, la facilité avec laquelle il fait tous ses arrangements font sortir Pierre de son indolence habituelle. Déjà l’intime ami est sur le carré, d’où il crie à tue-tête:
—Holà, portier! ici, mon petit! quittez un peu votre pie et montez subito.