—Je gage que le cocher est dans le cabaret; dès que ces drôles-là voient tomber de l’eau, ils vont boire du vin... Ne vous impatientez pas, madame Belhomme, je le ramène à l’instant.—Hâtez-vous, monsieur Belhomme, car je crains que mon cousin ne prenne de l’humeur et que l’on n’entame la dinde sans nous.

M. Belhomme arrive au cabaret et dit à la marchande d’huîtres:

—Le cocher de cette voiture est-il ici?

—Oui, là-bas, au fond, répond l’écaillère, qui commence à trouver singulier que M. François ne parle point de payer ses huîtres.

M. Belhomme va frapper sur l’épaule de François en lui disant:

—Allons, vite, mon garçon, dépêchons-nous: vous devriez être à votre voiture, étant seul sur la place et par le temps qu’il fait... hâtons-nous, et je vous donnerai pour boire.

—Oh! c’est inutile!... je n’ai plus soif, répond François sans se déranger.

—Cocher! m’entendez-vous! reprend avec force M. Belhomme fort en colère de la tranquillité de François.

—Oui, je vous entends bien, mais je ne peux pas marcher...

—Tu ne peux pas marcher?... s’écrie le petit homme en enfonçant son chapeau sur ses yeux et montant sur ses pointes pour se grandir. Tu marcheras!