—Est-ce qu’il sait ce qu’il dit?
—Mais tu lui as donné de l’argent!
—Tu vois donc bien que je ne l’ai pas volé.
—Il te demande un carrick...
—Oui, il veut que je lui prête celui de mon oncle, parce qu’il va voyager sur mer...
—Comment! ce cocher va...
—Eh! sans doute!... tout t’étonne, toi; apprends que François est un garçon très-distingué; nous avons servi ensemble autrefois.
—Et pourquoi te rossait-il?...
—Il a des moments d’absence; il nous aura pris pour ses chevaux. C’est, du reste, un homme dont je veux te faire cultiver la connaissance.
Ces messieurs arrivent à leur demeure. Rossignol engage François à monter avec eux; le cocher les suit le fouet à la main, et Pierre ne comprend pas pourquoi ils font tant de politesses à un homme qui vient de les battre. Rossignol fait passer François dans sa chambre, lui rend son carrick, lui jure qu’il a couru après lui pendant huit jours, et pour achever la paix le ramène dans la salle à manger en ordonnant à son jockey de courir chez le traiteur et de faire venir à dîner.