—Oui, je vous ai appelée...
—Que me voulez-vous?
—Puisque vous voulez absolument rester avec moi, il me semble qu’il est ridicule de nous asseoir à une lieue l’un de l’autre...
—Je craignais de vous déplaire en me plaçant près de vous.
—Pourquoi donc? votre présence ne m’empêchera pas de dessiner et de contempler les lieux que je chéris.
Manette se lève, prend son ouvrage et, toujours sans me regarder, marche à côté de moi jusqu’à là place où j’ai laissé mon carton de dessin. Je m’assieds, elle se met à quatre pas de moi et recommence à travailler.
Moi je me remets à dessiner. J’attends que Manette me dise quelque chose; mais elle ne souffle pas mot, et toujours ses yeux sont fixés sur son ouvrage.
Il me semble que ce silence m’impatiente; mais peut-être n’ose-t-elle pas me parler, de crainte de me fâcher encore: alors c’est à moi de commencer.
—Manette, pourquoi donc ne me dites-vous rien?
—Je croyais que vous vouliez être tout à vos souvenirs.