—Si fait.

—Est-ce qu’elle n’habite plus son hôtel?

—Son hôtel... vous ne savez donc pas qu’elle n’en a plus?

—Elle n’en à plus!... que dites-vous, Lucile? quoi! madame la comtesse...

—Comment! vous ignorez ce qui s’est passé!...

—Je ne sais rien, vous dis-je, parlez, Lucile! instruisez-moi...

—Oh! vraiment, il est arrivé tant d’événements depuis que je ne vous ai vu... Cette pauvre Adolphine... et sa mère, ma maîtresse!... voilà ce que c’est, aussi, les parents ne se rappellent pas qu’ils ont été jeunes; ils marient leurs enfants contre leur gré, et puis ça va comme ça peut...

—De grâce! Lucile...

—Écoutez: d’abord on a marié mademoiselle à son cousin... vous savez cela; elle a pleuré, cette pauvre petite, beaucoup pleuré, en secret, car elle craignait de faire du chagrin à sa mère... Mais elle vous aimait, je l’ai bien vu, moi; et elle n’osait, pas le dire; une demoiselle bien élevée veut toujours cacher cela; d’ailleurs, madame lui avait répété si souvent que jamais vous ne pourriez être son époux!... Mon Dieu! on aurait bien mieux fait cependant!... Vous l’auriez rendue heureuse, vous!...

—Lucile, ce n’est pas cela que je vous demande...