—Qu’y a-t-il de nouveau chez madame la comtesse? lui dis-je.
—Rien, on ne reçoit toujours aucune nouvelle du marquis. Ma jeune maîtresse, qui craint que sa mère ne manque de quelque chose, m’a priée hier, en secret, de lui chercher de l’ouvrage; madame m’a fait la même prière en cachette de sa fille... Ah! monsieur André! si vous saviez quelle peine cela m’a fait!
—Rassurez-vous, Lucile, de longtemps j’espère, elles n’auront besoin de recourir à de tels expédients. Tenez, prenez ce portefeuille... mais, avant tout, jurez-moi de faire exactement ce que je vous dirai.
Oh! je, vous le jure; vous savez bien que j’ai toujours fait tout ce que vous avez voulu.
—Vous remettrez ce portefeuille à madame la comtesse, vous lui direz qu’il a été apporté chez elle par un homme qui est reparti sur-le-champ et sans se faire connaître.
—Bon! bon! j’entends... et puis ensuite?...
—C’est tout, Lucile.
—Et je ne parlerai pas de vous?
—Oh! non, gardez-vous-en bien; c’est là surtout ce que je vous recommande.
—Bon, André! je vous deviné... ce portefeuille contient de l’argent, beaucoup d’argent peut-être; car vous êtes capable de vous priver de tout pour aider ma maîtresse.