—Il y aura donc une noce!... mon frère?
—Quelques amis de Manette, de son père... Nous danserons un peu. Mais n’en dis rien ce soir, Pierre.
—Non!... sois tranquille... Une noce! ah! quel plaisir!
Pierre danse déjà, je suis obligé de le retenir; je me rappelle qu’autrefois, en revenant avec M. Dermilly de nous promener dans la campagne, nous allions dîner près du pont d’Austerlitz, chez un traiteur de modeste apparence, où nous étions fort bien. C’est un quartier un peu désert, mais les badauds ne s’amasseront point à la porte pour voir entrer la mariée, et cela me convient. Je me rends avec Pierre chez ce traiteur.
Nous arrivons: une demande comme la mienne est toujours bien accueillie; je choisis le salon que je veux; j’ai la certitude qu’aucune figure étrangère ne s’y montrera. L’hôte est raisonnable dans ses prix. Tout est bientôt convenu entre nous. Nous allons partir; en nous reconduisant, l’hôte nous prie d’entrer dans son jardin pour en admirer les agréments.
En passant devant la fenêtre d’un pavillon, nous entendons un grand bruit; on se dispute, et une voix bien connue de Pierre et de moi fait entendre ces mots:—Vous ne pouvez pas m’empêcher de me promener dans votre jardin, ma petite mère, le grand air me rendra mes couleurs!...
Sur la verdure
Héloïse a fait mon bonheur.
—Il n’est pas question de chanter, monsieur, dit la femme de notre hôte, il faut payer et vous en aller.
—Soyez donc conséquente, belle Niobé, vous voulez que je m’en aille, et vous ne voulez pas que je sorte... il y a confusion dans votre raisonnement.
—C’est Rossignol, me dit tout bas Pierre.