Elle me fait parcourir de charmants jardins, qui s’étendent au loin derrière la maison.

Comme tout cela est bien entretenu! Je suis en admiration devant ces charmants bosquets, ces allées touffues, ces massifs artistement taillés. Rien ne manque dans ce séjour délicieux, où l’on trouve une pièce d’eau, une grotte, des rochers, une cascade, un bois épais, des gazons fleuris, de jolis pavillons; quel plaisir d’habiter ces lieux! Je saute de joie en parcourant les jardins, et Lucile me dit:

—Je vous avais prévenu que c’était charmant... Oh! je voudrais que nous restassions ici bien longtemps!... Mais, à propos, où vous logera-t-on?... Venez, nous allons vous chercher une jolie chambre.

Nous retournons à la maison; Lucile entre partout en disant:

—Ici, c’est l’appartement de madame... puis, celui de mademoiselle: celui de M. le comte est à l’autre extrémité de la maison...

—Et celui-ci?

—C’est celui qu’occupe M. Dermilly quand il vient tenir compagnie à madame. Le mien est de ce côté. Eh! mais, au-dessus de moi, il y a deux pièces fort gentilles; vous logerez là, André; ça fait que si vous n’êtes pas sage, je cognerai au plafond pour vous faire tenir tranquille. Cela vous convient-il, André? voulez-vous qu’ici je sois encore votre surveillante, comme à Paris?

—Oui, mademoiselle, vous êtes si bonne pour moi!...

—Oh! certainement, je ne suis pas comme cela pour tout le monde. Mais aussi vous êtes bien gentil, André, bien sage, bien obéissant.

Elle s’approche et me donne un petit coup sur la joue. J’ai cru qu’elle allait m’embrasser, mais elle n’en fait rien: c’est dommage!