—Je veux que tous ces rustres viennent chanter, danser... me haranguer... qu’ils montrent leur joie, enfin...
—Ils la montreront, monsieur le comte; j’en fais mon affaire. Vous serez content.
—A la bonne heure. Beaucoup de gaieté surtout!... Et tu leur feras payer les violons, entends-tu?
—Cela va sans dire, monseigneur.
M. de Francornard va se reposer dans son appartement, après avoir ordonné à Lucile de l’annoncer à Madame.
—Qui donc vous amène si brusquement? demande Lucile à Champagne.
—Je crois que c’est notre souper d’hier au soir...
—Votre souper?
—Sans doute. M. le comte a traité trois de ses amis... des gaillards qui boivent sec!... On a fait grande chère; le repas a duré depuis neuf heures du soir jusqu’à trois heures du matin. Le cuisinier avait promis un plat nouveau; il paraît qu’il a été du goût de ces messieurs, car ils étaient tous en gaieté; M. le comte a voulu tenir tête à ses convives; j’avais beau dire: Songez à votre goutte, à l’ordonnance, au régime prescrit par le médecin; il n’en a pas tenu compte, et en sortant de table il a juré qu’il aurait un héritier: voilà pourquoi nous sommes partis ce matin au grand galop.
Champagne va dans le village annoncer à tous les habitants l’arrivée de M. le comte, qui veut absolument être fêté.