«—Indiscret!.... Ah! vous plaisantez.... D'abord vous êtes ici chez moi, car mon beau-frère ne termine rien! Heureusement j'ai trouvé des fonds ailleurs; mais, je vous le répète, on sera toujours trop heureux de vous posséder. Ma sœur et son mari mourraient d'ennui sans vous;.... du moins, je le crois. Je tâcherai d'être bientôt de retour.
»—Vous nous laissez M. Saint-Elme?—Non; il vient avec moi...—Pourquoi donc l'emmener!—Il n'a pas votre courage; il s'ennuie ici... mais nous reviendrons ensemble.»
Victor se tait et paraît contrarié. Dufour se dit: «Pourquoi diable Dalmer tient-il tant à ce Saint-Elme à présent!»
Au déjeûner, Armand annonce son départ. Ernestine fait un mouvement imperceptible et baisse les yeux. Madeleine, au contraire, regarde avec anxiété Armand et Victor.
«Tranquillisez-vous, mesdames, reprend Armand, je ne vous enlève pas tous vos cavaliers; monsieur Dalmer et monsieur Dufour veulent bien vous tenir compagnie...
»—C'est très-aimable de la part de ces messieurs,» répond Ernestine en ne regardant que Dufour.
Madeleine ne dit rien, mais ses joues se colorent, et elle reprend son air habituel.
«Certainement, dit M. de Noirmont, nous savons beaucoup de gré à ces messieurs de ne pas nous quitter;... mais c'est bien dommage qu'ils ne chassent ni l'un ni l'autre... Et il faut que vous partiez aussi, M. de Saint-Elme.
»—Oh! c'est très-urgent! J'ai à parler au ministre de la guerre pour un de mes cousins qui n'est que capitaine et que je veux avancer... J'ai aussi une audience à demander au ministre de l'intérieur... pour un projet dont je lui ai déjà parlé... confusément, au dernier bal de la cour.»
Ici, Dufour, tout en prenant son café, tousse, et manque de s'étrangler, ce qui interrompt un instant Saint-Elme, qui reprend: «Mais je dépêcherai tout cela, afin de revenir bien vite avec mon ami.