—Ah!....» fit M. Laïs dont le front se dérida.

Car nous étions tous complices, et il ne demandait qu'à pardonner.

«Je ne juge pas mon cousin le président, poursuivis-je. Si j'avais ma femme à défendre, je saurais ce que je dois faire pour repousser des tentatives semblables à la sienne. Je suis son obligé jusqu'à ce jour, et Annette Laïs me semble tellement au-dessus de ces petites hontes que je ne garde même pas de rancune à celui qui l'a méconnue. J'établis seulement ce fait, que je suis le fils d'un honnête homme et d'une vertueuse femme.

—Ah!.... fit une seconde fois M. Lais.

Il me donna sa main en murmurant:

«Je vous demande pardon, monsieur de Kervigné, je vous demande pardon. Je n'avais pas l'intention de vous offenser.»

Puis, pesant sur ma main jusqu'à ce que mon front fût à portée de ses lèvres, il y mit un baiser en ajoutant:

«Je n'avais que cette objection-là, monsieur René. Le reste est une chose qui ne vaut pas la peine d'être dite. C'est un pressentiment: j'ai la crainte d'un malheur.

—Mon amour est profond et sincère, répliquai-je en serrant ses pauvres mains froides sur ma poitrine; c'est beaucoup contre le malheur.

—Ce n'est pas assez, si le malheur est tel que je le crains. Pensez-vous donc que j'aie moins peur pour vous que pour elle?»