—J'ai envie de le voir, moi, ton lieutenant Vital! s'écria le bonhomme.
—J'ai acheté une montre ce matin, répliqua Lagard, qui la tira de son gousset;—bientôt sept heures... le lieutenant ne tardera pas désormais.
Barbedor regardait la montre.
—Belle pièce! dit-il;—tu gagnes donc gros pour le quart d'heure?
—Trois francs par jour au chantier du Garde National, ici près, dans l'avenue de Saxe.
—Et tu fais des économies là-dessus?... une montre au gousset, des napoléons dans la poche...
Lagard prit la carafe pour nuager son verre d'absinthe.
—C'est vous qui m'avez donné la montre, papa, dit-il en riant.—Et les napoléons qui sont là me viennent de vous... J'ai arraché une dent au Garnier de Clérambault... Le voyez-vous toujours?
—Non, répondit Barbedor avec embarras.
—Tant mieux pour vous!