Après cela, que restait-il à faire? Prendre le pistolet, l'armer, poser le bout du canon contre la base du front et lâcher la détente.
Toutes choses éminemment simples et faciles au premier aspect.
Léon prit en effet le pistolet, qui était chargé depuis plusieurs jours. Il changea la capsule oxydée pour en mettre une autre toute neuve. Il fit jouer la gâchette deux ou trois fois.
Il arma définitivement, et son visage prit une expression tragique. Le canon froid toucha son front brûlant; cela le fit tressaillir.
Il remit le pistolet sur la table.
Le baron des Adrets n'aimait pas à nourrir ses prisonniers de guerre. Il les faisait monter au sommet d'une tour, et, après confession préalable, il les engageait à faire le saut périlleux. Les pauvres diables obéissaient, ne pouvant résister. Il y eut un coquin de Gascon qui prit son élan deux fois de suite et s'arrêta par deux fois au parapet de la tour.
—Eh! paillard, lui cria des Adrets, n'as-tu pas honte de t'y prendre ainsi à trois fois?
Le Gascon répondit sans hésiter:
—Capédédiou! on vous le donne en cent, monsu le baron!
Des Adrets se mit à rire et lui fit grâce.