—Déshonneur, non..., dit la vicomtesse;—je n'emploie guère ces gros mots, madame.
—Ridicule, aurais-je dû dire... Chez nous, le ridicule tue mieux encore que le déshonneur... Si donc M. le comte Achille de Mersanz a pris pour femme la fille de ce pauvre capitaine Roger, je ne vois que le côté honorable et même touchant de sa conduite...
—Notez, dit tout bas la vicomtesse à madame du Tresnoy,—que madame la marquise va beaucoup plus loin que moi, sans avoir l'air d'y toucher... Avez-vous remarqué comme elle parle? «L'homme que vous appelez son beau père... Si M. le comte a pris pour femme...» Le doute est honnêtement exprimé... et je trouve, moi, que la charité chrétienne est une bien admirable vertu!
Dorothée et Juliette avaient des oreilles de mohicans. On avait beau baisser la voix, elles entendaient toujours. Elles se pincèrent les lèvres en échangeant un regard moqueur.
Maxence avait les yeux fixés sur les fenêtres de l'hôtel de Mersanz, qu'on voyait au travers des arbres. Elle rêvait.
—Vous êtes l'intime amie de mademoiselle Césarine? lui demanda Juliette.
—Je l'aime de tout mon cœur, répondit Maxence.
—Quelle ravissante enfant! s'écria Dorothée.
—J'espère, madame la marquise, reprit la baronne,—que nous aurons le plaisir de vous voir à la réunion de ce soir?
—Non, madame, répondit Flavie.