Arrivée au fond du ravin, l'ombre se releva.—C'était un grand diable de sous-officier bavarois avec un bonnet à poil long d'une aune et un costume tout chamarré de clinquant.
Au moment où il dégainait sa latte, le blessé se réveilla en sursaut et le vit.
—Mon épée! s'écria-t-il en faisant un effort pour se mettre sur ses genoux.
La Perlette ne bougea pas plus que si elle eût été une statue de pierre.
Le Bavarois poussa un hourra en brandissant son sabre. La Perlette le laissa venir.—A l'instant où le sabre tournoyait au-dessus de la tête nue du blessé, elle plongea l'épée jusqu'à la garde dans le cœur du Bavarois, qui tomba lourdement sans pousser un seul cri.
Le blessé s'appuya de ses deux mains au sol pour la regarder, stupéfait qu'il était. Il ne l'avait pas encore aperçue.
—Qui êtes-vous? demanda-t-il.
—La paix, s'il vous plaît, mon général, répondit-elle à voix basse,—il y en a d'autres ici près, et nous ne sommes peut-être pas au bout de nos peines!
Le général se tut. La faiblesse le reprit. Marguerite pansa ses blessures adroitement et vite.
—Maintenant, dit-elle,—il faut tâcher de vous en aller.