Le comte Achille baissa la tête.
Une vague douleur traversa l'âme de Béatrice. Ce fut aigu comme un coup de poignard. Un instant, elle se sentit condamnée.
Elle reprit d'une voix si douce et si tendre, que le comte en eut le cœur serré:
—Dieu ne m'a pas donné d'enfant... vous pouvez tout me dire, Achille.
—Tout vous dire?... répéta M. de Mersanz avec effort.
—Je sais que vous êtes bon... je sais que vous avez pitié... Il y a des moments où mon cœur révolté me crie: Qu'as-tu fait pour subir un si horrible châtiment? C'est impossible! il t'aime encore...
—Je suis prêt à vous épouser, Béatrice, dit le comte, qui se redressa.
C'était un gentilhomme à ses heures.
La jeune femme secoua la tête avec tristesse.
—Regardez-moi, Achille, murmura-t-elle lentement;—je veux voir votre âme dans vos yeux... Je n'ai pas d'enfant; mon droit n'est qu'à moi...