—Sur mon honneur! l'interrompit le comte,—je ne vous ai point trompée.
—Non, fit la jeune femme, tandis qu'une nuance d'amertume venait parmi son sourire,—vous ne m'avez pas trompée... Vous êtes prêt à m'épouser...
—Elle s'arrêta tout à coup et un nuage passa sur son front.
—Césarine, dit-elle,—a fait enlever de ma chambre le portrait de sa mère... la vraie comtesse de Mersanz.
—Césarine est une capricieuse enfant..., commença le comte.
—Césarine ne m'aime plus... quelqu'un s'est mis entre nous... Avez-vous parfois compris comme j'aimais votre fille, Achille?
—Votre cœur est si beau et si bon...
—Je voulais être sa grande sœur et sa mère... Que de rêves charmants! et quel cher avenir j'avais arrangé pour nous deux!... mais j'aurais été trop heureuse!
Il y eut un silence. Achille avait un poids sur la poitrine. Le souvenir évoqué de sa première femme remuait toutes les fibres honnêtes qui étaient en lui.
Il contemplait Béatrice à la dérobée. Jamais il ne l'avait vue si belle.