Elle releva sur lui ses yeux humides, ses grands yeux où Dieu avait mis d’irrésistibles rayons. Elle sourit avec tristesse. Elle lui dit:

—Il y a longtemps que je vous aime.

Le comte faillit tomber de son haut.

Il y avait dans la voix de Maxence un tremblement adorable qui démentait la froideur de sa pose et l’invraisemblance de son aveu.

—Serait-il vrai?... s’écria le comte comme un amoureux de comédie.

—Bien longtemps, répéta mademoiselle de Sainte-Croix d’un accent rêveur;—depuis la première fois que je vous vis au parloir de la pension.

Le comte voulut porter à ses lèvres la main qu’il tenait. Elle la retira sans affectation et se tourna soudain vers le portrait de la première comtesse.

—Elle était belle! dit-elle.

Le comte tout pâle, se rejeta en arrière.

—Quel âge avait-elle quand on la tua? demanda Maxence avec simplicité, comme si elle n’eût point aperçu le trouble de M. de Mersanz.