—Aurait-on osé m’accuser?...
Maxence secoua sa belle tête, sur laquelle ondulèrent ensemble les perles de sa parure et les masses brillantes de ses cheveux.
—Je me représentais cela, continua-t-elle,—tout enfant que j’étais... Je dédaignais les contes dont on amuse le premier âge: je ne voulais que cette histoire... Combien de fois ne l’ai-je pas vue toute blanche dans son lit, tandis que le prétendu fantôme parlait au nom de sa mère décédée et lui disait: «Ton mari ne t’aime plus... ton mari en aime une autre...»
La main d’Achille se crispa sur son front.
Lui aussi avait un souvenir.
Le lendemain de la mort de sa femme, la concierge de la maison était venue à lui. Entre les révélations de cette femme et les paroles de Maxence, il y avait une analogie menaçante.
Mais le comte Achille était de ceux qui disent: «Le passé est un mort qu’il faut enterrer.»
—Je n’ai jamais ajouté foi à ces extravagances! murmura-t-il.
—On vous l’avait donc dit! fit Maxence en détournant ses yeux de lui:—ce dut être une mort digne de pitié... et votre sommeil ne peut être tranquille.
Dans ces paroles, prononcées d’un ton plus bas et presque mystérieux, le comte crut trouver la clef de toute cette énigme.