—Mon enfant, il faut que nous causions raison.

Causer raison! Césarine connaissait ce redouté préambule.

Toute grande demoiselle qu’elle était désormais, elle ne put se défendre de faire un rapide examen de conscience. Elle sentit deux baisers qu’on mettait sur son front, l’un à droite, l’autre à gauche, et deux voix prononcèrent à l’unisson ces paroles:

—Il faut que vous veniez au secours de votre bon père.

La jolie fillette se redressa, étonnée.

Elle regarda Mélite, puis Philomène, qui fixaient sur elle leurs yeux remplis d’onction.

Elle crut deviner et dit en rougissant:

—Jamais je ne ferai de peine à mon père... On peut être convenable avec quelqu’un, mes bonnes demoiselles, sans se jeter toute la journée à son cou... Je sais le respect que je dois à ma belle-mère, et, si je ne puis l’aimer bien tendrement, du moins...

Elle s’interrompit à ce mot, étonnée de l’expression double et singulière qui naissait sur le visage de ses anciennes maîtresses.

Mélite atteignait vigoureusement son foulard. Il y avait de l’indignation sur ses traits majestueux. Avant de se moucher avec un bruit de clairon, elle répéta: