Elles causaient maintenant par-dessus la tête de Césarine, qui était tout oreilles.
Philomène parut frappée de l’observation de sa sœur.
Elle baissa les yeux et répliqua:
—Notre chère Maxence est la réserve même... Peut-être n’a-t-elle pas voulu montrer qu’elle avait connaissance de ce secret.
—Mais quel secret? s’écria Césarine, qui était entre ces deux bonnes femmes comme un petit cheval fougueux, impatienté par les mouches.
—Vous voyez bien! dit Mélite en s’adressant toujours à sa sœur.—Notre Maxence n’a pas parlé.
—Elle est admirable! ajouta Philomène;—à cet âge-là!...
Cependant, Césarine avait changé de couleur. Un fait lui revenait en mémoire. Lors de sa dernière conversation avec Maxence,—sur le banc du cavalier,—dans le jardin de la pension Géran, Maxence allait lui faire une confidence, lorsque le pas furtif de la petite bonne femme s’était fait entendre derrière les lilas.
Maxence s’était tue à l’instant où maman Carabosse annonçait sa venue par son cri joyeux:
—Voilà le plaisir, mesdames, voilà le plaisir!