Césarine s’en souvenait bien, désormais. Sans cette interruption, Maxence allait lui dire un grand secret,—un secret qui l’intéressait.
Maxence s’était fait prier beaucoup. Cela devait être terrible.
Et Césarine avait maudit maman Carabosse, dont la présence fermait cette bouche entr’ouverte. Césarine, aussitôt après le départ de la petite bonne femme, avait redoublé ses supplications. Peine inutile. Maxence, impitoyable, avait dit:
—A demain.
Le lendemain, Césarine et Maxence s’étaient séparées. Césarine n’avait pu rien savoir. Elle gardait seulement cette impression, que le secret devait se rapporter à sa belle-mère, madame la comtesse Béatrice de Mersanz.
—Vous avez été trop loin pour ne pas achever, mes chères demoiselles, dit Césarine en prenant son air impérieux;—si Maxence m’a caché une chose que je devais savoir, vous pouvez suppléer à son silence... Je vous le demande... Je l’exige de votre maternelle affection.
Les deux sœurs semblèrent hésiter.
—Le cas est embarrassant, murmura Mélite.
—Vaut-il mieux, objecta Philomène,—que la pauvre enfant l’apprenne par d’autres que nous.
Mélite se recueillit et prit son air solennel.