—Césarine, commença-t-elle,—malgré votre innocence, vous allez comprendre nos scrupules. La chose est tellement grave, et vous vous attendez si peu à cette malheureuse révélation, que je cherche en vain la tournure de phrase à employer pour...
—Dites-moi tout simplement de quoi il s’agit, ma chère demoiselle, l’interrompit Césarine, pâle et les sourcils froncés.
—Eh bien..., fit la grande Mélite,—eh bien... Mais, je vous en prie, que ce soit vous, ma sœur Philomène.
—Je ne m’en sens pas la force, ma sœur Mélite.
—J’attends! murmura mademoiselle de Mersanz entre ses dents serrées.
Ce fut Mélite qui prononça enfin le mot:
—Celle que vous appelez votre belle-mère, dit-elle,—n’a pas le droit de porter le nom de votre père.
Césarine resta bouche béante. Elle était vivement frappée. Les jeunes personnes qui sortent de la pension Géran ne sont pas sans comprendre parfaitement une phrase pareille.
Philomène et Mélite la guettaient du coin de l’œil. Voici ce qu’elles virent:
D’abord, sous le coup même de sa surprise, la prunelle de Césarine brilla. Elle eut cette joie méchante de l’enfant qui aime plaies et bosses, selon l’expression vulgaire. Il y avait bien réellement en elle, contre sa belle-mère, un instinct d’éloignement. C’est la loi.