—Et alors, vous pouvez lui parler haut et franc, car la comtesse Béatrice est sa fille!


XIII
— Toilette de mademoiselle Géran. —

La baronne parlait encore, que madame de Grévy descendait déjà en courant les escaliers de l’hôtel du Tresnoy.

—Tête folle! murmura la veuve en se rapprochant de la fenêtre pour voir ce qui allait se passer dehors,—excellent cœur!...

Elle ajouta, tandis qu’un sourire détendait ses lèvres:

—Il y a bien là dedans un peu de fringale romanesque... La chère belle s’ennuie... elle s’ennuie à mourir... elle a besoin d’une passion, d’un danger, d’une escapade... c’est pour sa santé...

Madame de Grévy venait de sauter dans sa voiture.

La baronne s’accouda sur son balcon.

—Est-ce que vraiment je deviendrais méchante sur mes vieux jours? pensa-t-elle.—Non! c’est le cœur qui parle chez cette pauvre victime de nos sophismes mondains... S’il lui faut un roman, c’est qu’elle ne veut pas égarer dans le banal sentier du vice son insatiable appétit de tendresse... Elle fait bien; Dieu l’approuve... et peut-être ferais-je comme elle, si je n’avais pas mes filles...