Un gros soupir ponctua cette amende honorable.

Nous n’irons pas jusqu’à affirmer que madame la baronne du Tresnoy fût devenue chevaleresque sans mademoiselle Juliette et mademoiselle Dorothée, ces deux grandes filles qui faisaient si peu de progrès dans les arts,—malgré le prix qu’on y mettait;—mais, enfin, l’exemple a ses entraînements. Il suffit d’un brave sous-lieutenant pour lancer sur la gueule béante des canons tout un troupeau tremblant de conscrits.

Il y avait un regret dans les dernières paroles de madame la baronne.

La voiture de madame de Grévy rejoignit la petite marchande de plaisir à quelques pas des bosquets.

Madame de Grévy sauta sur le trottoir.

Elle saisit par le bras la petite bonne femme étonnée.

La baronne ne pouvait entendre les paroles échangées, mais elle devinait,—et le souffle s’arrêtait dans sa poitrine, tandis qu’elle regardait avidement cette scène, muette pour elle, le corps tout entier penché en dehors de son balcon.

Madame de Grévy, l’élégante vicomtesse, serrait les mains de la petite bonne femme entre ses mains frais gantées.

Elle la poussa de force dans son coupé,—avec la boîte cylindrique, contenant ces excellents plaisirs,—la joie de la pension Géran.

Les gamins ameutés faisaient cercle à l’entour.