Mélite se moucha.

Puis, au lieu de continuer le discours haut monté dont l’exorde promettait une si foudroyante péroraison, elle décrocha une robe de taffetas noir,—étoffe plein la main,—et la passa d’un air de mauvaise humeur.

La robe, coupée avec une certaine prétention d’élégance sévère, était un peu étroite pour la vigoureuse taille de mademoiselle Mélite. Il fallait une aide pour l’agrafer. La douce Philomène s’approcha.

—En conscience, grommela Mélite, qui ne pouvait refuser ses services,—il y a des jours où je ne vous comprends pas!

—Vous êtes sévère! répéta paisiblement l’aînée;—ce titre de comtesse de Mersanz n’a pu être dérobé par la pauvre jeune femme... le comte Achille était là pour empêcher ce vol... Si elle l’a pris, c’est qu’on l’y a poussée... et vous savez comment ces choses se font, ma sœur... je mettrais ma main au feu qu’il y avait là-dessous quelque solennelle promesse de mariage...

—Cela ne nous regarde pas, prononça sèchement Mélite.

Elle retenait sa respiration pour diminuer d’autant le mâle développement de sa taille.

Philomène repartit:

—Si nous le prenons ainsi, rien ne nous regarde dans cette affaire-là...

Il y avait deux agrafes de mises, péniblement. Elles craquèrent toutes deux, parce que la grande Mélite perdit patience.