Bénédictions sur la richesse! La richesse ne connaît ni ces douleurs préparatoires, ni les déboires qui succèdent au fiévreux enthousiasme de l’effort. La richesse laisse faire. Elle ne quitte les tranquilles hauteurs de son indolence que pour moissonner paresseusement ce qu’elle n’a point semé. Il n’y a pas de revers possible; la victoire est toujours là, fidèle. La richesse n’a d’autre chagrin que de passer, insensible et blasée, au milieu de ces faciles triomphes.

Elle a droit. Son public lui appartient. Il faudrait je ne sais quel événement impossible pour lui faire une chute.

Il ne faut pas croire, du reste, que les choses se fassent toutes seules. M. Baptiste, ce fonctionnaire privé que nous avons eu l’honneur de peindre dans sa magnifique quiétude, n’est pas absolument un homme de loisir. Il cause beaucoup avec mademoiselle Jenny, c’est la vérité, quand son grand cœur condescend à s’éprendre de cette parfaite soubrette; mais il faut l’heure du délassement à toutes les hautes intelligences.

M. Baptiste a les qualités de ses défauts. Nous le croyons larron, mais il est habile; nous le savons impertinent, mais il possède le grand art de commander. L’envers du maraud, c’est le factotum,—et quel ministre ne glisse pas volontiers son pied dans les bottes du roi son maître?

M. Baptiste coûte un prix fou. Il vaut énormément: presque moitié de ce qu’il coûte.

Je sais de braves seigneurs qui cherchent un M. Baptiste et qui ne le trouveront jamais.

Il faut un homme à M. Baptiste, qui se respecte trop pour voler un croquant nouvellement doré par le procédé électro-mobile.

Noblesse oblige. Les ancêtres de M. Baptiste faisaient les affaires de ceux qui allaient à la croisade. Quand, de père en fils, on a eu la gloire de dévaliser les preux, on éprouve le besoin de garder son rang.

A minuit, les salons de l’hôtel de Mersanz étaient pleins. Ce n’était pas du tout une petite fête de famille, selon la première idée de Béatrice, c’était un bal de bonne seconde force, avec le ban tout entier des invités de premier rang et une partie de l’arrière-ban.

Le faubourg Saint-Germain, considéré comme peuple noble ou matière à foule, pourrait être divisé en une soixantaine de catégories pour le moins.