Chez M. le comte Achille de Mersanz, divers mains, il faut bien le dire, avaient lancé les invitations. Pour sa part, Béatrice n’avait guère appelé que les intimes de la famille et quelques amis de Césarine. Cependant les salons regorgeaient, et les indifférents se montraient en considérable majorité. Pour mettre le lecteur à même de trouver le mot de cette petite énigme, peut-être suffira-t-il de rappeler un passage de l’entretien confidentiel entre M. Baptiste et mademoiselle Jenny.
Ces deux discrètes personnes s’étaient avoué mutuellement qu’elles avaient, en tout bien tout honneur, des relations avec madame la marquise de Sainte-Croix.
Or, la façon dont devaient être dressées les lettres d’invitation n’était pas du tout indifférente à madame la marquise de Sainte-Croix.
Le comte Achille se trouvait n’avoir point de secrétaire. M. Baptiste, profitant de l’intérim, rendait de bons services. Nous ne saurions trop respecter le pouvoir de ce maire du palais.
La fête était fort belle, nonobstant certaines causes de désordre, inhérentes à la composition même de son public. Pendant ce premier temps qui est comme le prologue ennuyeux d’un bal, madame la comtesse de Mersanz avait fait les honneurs avec une grâce charmante. Il fallait être initié aux menaces qui planaient au-dessus de cette maison pour deviner la mélancolie derrière le beau sourire de Béatrice.
Césarine aussi avait fait les honneurs. C’était parfaitement bien pour un début. Elle avait joué son petit rôle d’héritière présomptive avec un aplomb résolu qui dénotait une envie de prochainement régner.
Sans risquer précisément aucune démarche contre la bienséance, Césarine ne s’était point placée sous l’aile de sa belle-mère.
Beaucoup de gens avaient remarqué cela.
Césarine, depuis le commencement de la fête, faisait cour à part.
Nous n’avons rien à faire avec le bal proprement dit et nous laisserons danser ceux qui étaient là pour danser.