Chacun sait quel délicieux essaim de jeunes filles peut fournir le faubourg Saint-Germain, mêlé ou non. Certes, la beauté n’est pas parquée dans un quartier; la beauté est partout dans notre France, enfant gâté de Dieu;—mais il serait injuste de ne pas reconnaître qu’au fond de ces hôtels, souvent tristes et froids au dehors, la race fleurit toujours fière et toujours rayonnante.
Quelle race? dira-t-on. Parlons-nous de chevaux?
Je ne suis pas cause que la langue hippique nous ait volé ce mot absolument nécessaire. Nous parlons de femmes et de la race française. La race française est là dans tout son éclat lumineux et charmant.
La race svelte et grande, les visages aquilins, les fronts à diadème: la beauté des filles des chevaliers.
Maintenant, si quelque curieux veut savoir pourquoi, dans le loyal faubourg, ces dames forment si victorieusement la plus belle moitié du genre humain, pourquoi les jouvenceaux ont un peu dégénéré, pourquoi les frères, doués modestement, ne ressemblent pas toujours à leurs adorables sœurs, nous avouerons avec ingénuité notre ignorance.
Voilà longtemps, du reste, qu’on parle de ce phénomène singulier. La statistique officielle n’a pas encore constaté ces bizarres différences.
Elles étaient là sous la chaude lumière des lustres, embellies toutes encore par cet incomparable génie qu’on appelle le goût français et qui est l’éclat dans la sobriété. Le plaisir animait leur teint et veloutait leurs regards. A la voix de l’orchestre, on voyait onduler comme un flot étincelant toutes ces fleurs, tous ces diamants et tous ces sourires.
Césarine avait dansé. On lui avait donné rang parmi les plus jolies.
Un instant, un seul instant, on avait pu voir mademoiselle Maxence de Sainte-Croix au milieu du tourbillon de la valse. Son cavalier était le comte Achille.
Il n’y eut pas deux avis. L’opinion commune, cet aréopage souverain, la déclara unanimement la plus belle.