Si leur nom se trouve difficilement dans l’armorial, on cherchera dans le Stud book.
Notons pour mémoire que madame la baronne du Tresnoy avait salué fort légèrement madame la vicomtesse de Grévy, lorsque ces deux dames s’étaient rencontrées. Au contraire, elle avait accueilli avec reconnaissance et respect la démarche de madame la marquise de Sainte-Croix, qui avait bien voulu lui souhaiter le bonsoir en passant.
Madame la marquise avait une cour. Dix fois, Césarine de Mersanz était venue s’asseoir auprès d’elle. Le comte Achille l’avait promenée dans le bal.
On s’approchait d’elle avec une sorte de ferveur, et chacun voulait avoir un mot d’elle.
Sa toilette était un véritable chef-d’œuvre de combinaison. Cette femme avait réellement un grain de génie. Elle posait en vieille femme ce soir, en grand’mère plutôt qu’en mère, et cependant sa mise gardait une fière et souveraine élégance.
Elle était, avec Maxence, l’objet de la curiosité générale. Son apparition faisait nouveauté comme la rentrée de quelque comédien célèbre. Depuis longtemps, elle tenait rigueur au monde, et le monde n’avait pas besoin de chercher le motif de son retour. Ce motif était là, vivant et charmant: c’était sa fille, c’était Maxence. La présence de cette délicieuse enfant lui était une parure nouvelle. On lui savait gré de cette toilette d’aïeule, dont nous parlions naguère; on la trouvait plus belle dans ce rôle imprévu, où elle apportait une douce et simple sérénité.
Les deux demoiselles Géran, placées non loin d’elle comme des aides de camp, n’étaient pas sans faire ressortir le ton exquis et la noble aisance de Flavie. La grande Mélite, portant haut comme un coursier de parade, cachait son embarras sous un air rogue. Moins intelligente que sa petite sœur, la suave Philomène, elle sentait bien cependant qu’elle n’était là que par tolérance et pour fournir la réplique à un moment donné du drame. Elle appartenait à cette catégorie de bonnes gens qui chantent à pleine voix quand ils ont peur et qui se drapent superbement quand on les déconcerte.
Philomène, au contraire, selon la pente de sa nature, dépassait le but par trop d’humilité. Elle était collante. Elle engluait son entourage à force de caresses et d’obséquiosités.
C’était de ce groupe si bien composé qu’était parti le mot de la situation.
Un mot illustre à la façon d’Attila et de Gengis-Khan, un mot fléau, un mot qui fait des ruines.