Un mot qui, cependant, exprime une chose morale, bonne, nécessaire, chrétienne.

Mais qui a servi de prétexte, ce terrible mot, depuis que le monde est monde, à des millions de trahisons, d’abandons et de lâchetés.

C’était dans ce coin, où les deux demoiselles Géran travaillaient pour la marquise, qu’on avait dit pour la première fois:

—Vous sentez bien que,—maintenant,—avec une jeune fille de seize ans dans la maison,—M. le comte de Mersanz ne peut manquer de songer à RÉGULARISER SA POSITION.

Que vous en semble? Cela paraît bien innocent.

Cela a égorgé des monceaux de femmes, depuis Ariane jusqu’à cette pauvre fille qui peut-être respire, à l’heure où nous écrivons ces lignes, la mortelle vapeur du charbon, parce qu’un vulgaire Thésée la délaisse pour épouser une Phèdre bourgeoise, chargée fatalement de la venger.

Rien ne change. La tragédie antique court les rues en crinoline.

Cela tue, nous vous le disons; cela ravage.

Et que la mauvaise foi ne vienne pas prétendre que nous prononçons là de dangereuses paroles. La mauvaise foi n’aura pas beau jeu. Nous parlerons la bouche ouverte et nous mettrons les points sur les i.

En commençant ce livre qui s’appelle la Fabrique de Mariages, nous avions l’intention d’attaquer rudement certaines industries encore plus drôles que malsaines qui ont pris pour enseigne le dieu d’hymen.