»Elle s’est levée après une visite qui avait duré tout au plus une demi-heure.
»—Ce qui me séduit dans tout cela, m’a-t-elle dit,—ce qui me charme au plus haut point, c’est l’idée d’une alliance avec vous et avec ce vénérable maréchal... Ces demoiselles ont réellement fait beaucoup d’effet cet hiver. Plusieurs de nos amis nous harcèlent... Ah! bonne petite, ce moment est cruel.—Mais, en définitive, a-t-elle ajouté en changeant de ton,—puisqu’il faut en passer par là, menons les choses rondement, n’est-ce pas?... Ces demoiselles ont vu ces deux messieurs, cet hiver... Ils ne déplaisent pas: vous pouvez le leur annoncer... Chargez-vous de la double présentation; ce sera une corvée une fois faite et tout le monde vous en saura gré. Quant aux contrats, j’ai mon notaire. Quand voulez-vous que nous vous recevions?
»Tu vois qu’elle va vite en besogne. J’ai cru un instant qu’elle allait me demander d’être marraine des deux petits premiers.
»Mais tout ceci n’est rien auprès de la fin. J’avais remarqué, lors de son entrée, qu’elle portait un ample manchon, malgré le premier beau soleil. Le manchon avait été déposé sur un meuble. Comme elle se dirigeait vers la porte, je l’ai arrêtée, disant:
»—Chère madame, ne causerons-nous pas un peu de l’autre affaire?
»Son regard s’est tourné tout de suite vers le manchon.
»Elle s’est mise à sourire.
»—Bonne petite, m’a-t-elle répondu, comme je ne demeure pas au-dessus d’un commissaire de police, je vous prie de me laisser, autant que possible, derrière le rideau. Ce n’est pas généreux de m’avoir reproché dans votre lettre ma neutralité: j’ai mes filles.
»Tout en parlant, elle avait pris son manchon. Elle en a retiré un paquet assez volumineux, qu’elle m’a mis dans la main.
»Puis, fort lestement: