—Voyons la fin, ajouta Dorothée.
Ainsi parlent les jeunes commerçants de la rue Saint-Denis, quand leurs mamans, le dimanche, au spectacle, prennent leur châle un peu avant la fin du dix-huitième et dernier tableau.
Madame la baronne du Tresnoy sortit. Maxence, rêveuse et triste, se dirigea vers le salon, où se dénouait le drame.
On eût dit qu’une force invincible l’entraînait de ce côté malgré elle.
Deux acteurs de plus étaient en scène: le comte Achille de Mersanz et le vicomte de Grévy, qui, myope à toute outrance, était sorti des rangs pour mieux voir. Frémiaux, Montmorin, Aymar de Quelquechose et autres, lorgnaient en amateurs. M. Martineau, le préposé au buffet, avait pris le plateau de Jean pour avoir un prétexte de regarder.
Comme M. le vicomte de Grévy s’avançait sans défiance, il se trouva tout à coup nez à nez avec une femme qui lui prit le bras.
Il mit aussitôt son lorgnon en arrêt et recula d’un pas en reconnaissant la vicomtesse.
—Monsieur, lui dit-elle,—il se peut que je prononce ici des paroles qui vous mettraient en danger...
—Y avait-il longtemps que je ne vous avais si bien vue, Anna! répliqua le vicomte, qui passa son bras sous le sien;—dites et faites ce que vous voudrez... Avec mon lorgnon, je puis encore très-bien tirer l’épée.
—Dans la position où nous sommes..., murmura la jeune femme.