Elle ajouta tout bas:
—Je vous conterai tout... il faut laisser M. de Mersanz... il y avait une cabale pour cette femme.
Le duc de *** lui offrit aussitôt son bras et fit de la main un signe à son neveu.
—Maréchal, dit à son tour madame de Grévy,—il m’a fallu un grave motif pour rester dans cette maison jusqu’à ce moment. C’est, en effet, contre M. de Grévy, mon mari, que M. de Mersanz doit se battre...
Le vieux soldat s’inclina de cet air qui veut dire: «Abrégez.»
—Maréchal, poursuivit la vicomtesse,—vous avez de plus vieilles amies que madame la marquise de Sainte-Croix.
—Ce n’est pas vous, du moins, belle dame..., commença le duc de ***.
La vicomtesse l’interrompit d’un ton à la fois respectueux et ferme:
—Maréchal, reprit-elle pour la troisième fois, tandis que la marquise éventait son dédaigneux sourire, pendue déjà au bras de M. le duc, je réclame, moi aussi, votre bras pour me conduire à ma voiture... c’est pour cela que je suis restée... J’appuie ma demande sur ceci... Le reconnaissez-vous?
D’un geste rapide, elle avait tiré de son sein un mouchoir de batiste dont le tissu léger avait comme des taches de rouille... Elle le déplia. Le mouchoir enveloppait un objet qu’elle mit sous les yeux du vieux duc.