»Je dis bien: ses bijoux. Marguerite possède d’autres joyaux que la bague de mariage de la première comtesse de Mersanz. Il y avait parmi ses hardes une croix de chevalier de la Légion d’honneur, un hausse-col d’officier et une agrafe de diamants que j’estime à vue de nez...

»Mais tu ne me croirais pas. L’agrafe est d’un grand prix, voilà ce qui est certain; ni toi ni moi n’avons rien de pareil. Ceci, je te l’affirme,—malgré le bruit que l’on faisait là-bas, au pays manceau, des fameux diamants de ta belle-mère.

»Ah! ah! ma mignonne, te voilà prise! Tu as beau poser ma lettre sur le guéridon d’un air dédaigneux. Ton œil suit malgré toi les lignes de mon écriture de chat: tu veux savoir!

»Tu veux savoir! Des diamants dans ce coffre, sous des pommes d’api et sous des plaisirs! des diamants dans cette mansarde!

»Cela te frappe plus vivement que tout le reste. Que nous sommes singulières, nous autres femmes! Il y a pourtant dans mon récit des choses bien plus intéressantes que cela.

»Mais d’où viennent-ils, ces diamants? Que je te le dise bien vite, n’est-ce pas? Tu ne trouves aucun sel à cette façon de faire languir les gens. C’est de l’esprit par trop facile. Tu t’impatientes, tu te fâches! Oh! la curieuse!

»Est-ce un dépôt? Parfois les gens de la condition la plus humble ont entre les mains des objets de prix qu’on leur a ainsi confiés? Est-ce un héritage, comme l’alliance de madame de Mersanz? La petite bonne femme a dû voir mourir bien des victimes en suivant la piste que nous savons. Est-ce un gage d’amour? Je te déclare que la petite bonne femme a été une beauté,—une beauté rare.

»Or, devine, Aglaé. Quand on vend du plaisir et des pommes, il y a de mauvais jours, des jours où le pain manque, où l’espoir s’en va. Cette agrafe pouvait faire de la petite bonne femme une rentière.

»Devine.

»Renonces-tu?