«A madame Ernestine Rodelet, à Chartres.»


«Madame la vicomtesse de Grévy prie M. Fromenteau de passer chez elle immédiatement, pour affaire importante.—De la part de madame la baronne du Tresnoy.»


Elle avait un peu de fatigue sur le visage, cette charmante vicomtesse, au moment où elle cachetait cette dernière lettre, adressée à l’humble agent de renseignements qui nous a raconté, au début de cette histoire, ses malheurs amoureux et les innombrables mariages de Stéphanie, son amante. Ses yeux étaient légèrement battus, son teint un peu pâle; mais elle avait le sourire aux lèvres.

C’était dans une jolie petite chambre d’aspect bourgeois, basse d’étage et modestement meublée. Le guéridon où écrivait Anna tenait un des coins du foyer. De l’autre, il y avait un de ces grands fauteuils à roulettes qui servent aux vieillards,—ou aux blessés.

Dans l’alcôve voisine, on entendait une respiration égale et calme. Les rayons de la lampe, glissant au travers des rideaux, montraient sur l’oreiller une tête de lion malade. C’était le vicomte Henri de Grévy qui reposait paisiblement. Son bras droit, arrondi sur la couverture, était entouré de bandages.

Cette chambre faisait partie de l’appartement loué au commissaire.

Madame de Grévy sonna. Elle remit au domestique sa correspondance cachetée, en disant:

—Hâtez-vous!