—Il ne m’a pas aperçue! se dit Césarine tristement.
De tout ceci, Philomène et Mélite n’avaient rien perdu.
Il y eut entre elles, par-dessus la tête de leur ancienne élève, une sorte de conversation muette. Ce petit événement allait-il leur nuire ou les servir? La bataille, d’abord bien engagée, devenait scabreuse. Césarine résistait beaucoup plus qu’on n’avait pu le prévoir.
Une déroute était possible.
Or, en cas de défaite, mademoiselle Philomène et mademoiselle Mélite se sentaient déplorablement compromises.
—Je vous remercie, ma bonne petite, reprit Philomène, qui était décidément l’orateur en titre d’office,—de l’opinion avantageuse que vous avez de nous. Ce n’est, du reste, que justice; nous la méritons par notre complet désintéressement...
—Voici le prélude! murmura Césarine, qui eut aux joues une rougeur légère;—je vous demande pardon, mes chères demoiselles: je suis engagée.
—Par le lieutenant Vital? fit Mélite non sans aigreur.
Césarine fronça le sourcil en rougissant davantage.
—Un charmant jeune homme, s’empressa de dire Philomène,—et qui va venir vous prendre quand il en sera temps... Terminons notre affaire, ma petite chérie. Voulez-vous, oui ou non, être le salut de votre père et le bon ange de la maison?