»—Vous pouvez rompre les négociations, voilà votre droit... Songez bien que nous n’avons pas à vous défendre contre votre fiancée de seize ans, mais bien à protéger votre fiancée de seize ans contre vous...
»On a stipulé d’abord ainsi je ne sais quel douaire impossible, puis la reconnaissance par contrat d’une bonne partie des biens de Mersanz,—puis une donation;—il semble qu’on veuille arriver à une vente.
»Tout cela en projet, pourtant. Rien n’est fait. Maxence, mineure, ne peut traiter que par l’entremise d’un tuteur. Or, on n’a pas encore produit le moindre papier.
»Il n’y a là véritablement que ténèbres.
»L’argent comptant seul peut se livrer de la main à la main sans actes ni formalités. Tu verras que ces préliminaires de contrat sont une comédie jouée. J’ai mes soupçons. Fromenteau m’a parlé d’un certain nombre de nièces dont la Sainte-Croix se servait jadis comme elle se sert aujourd’hui de Maxence.
»Cette femme n’a jamais dû être mère.
»Il n’y a point de papiers, il n’y a point de tutelle. C’est fourberie audacieuse du haut en bas. Nous n’avons à craindre que la folie du comte Achille, qui pourrait se défaire de ses immeubles...
»Mais il faut du temps pour cela, et rien, dans les rapports de Fromenteau, n’indique une pareille extrémité.
»La vente n’est encore probablement que dans mes soupçons et dans les espoirs de la Sainte-Croix.
»Elle aura lieu: souviens-toi bien de ce que je te dis là,—mais trop tard pour la marquise. Nous marchons à grands pas vers un dénoûment. Nous serons en mesure.