Puis, d’une voix très-basse:
—Vous m’avez répété souvent, dit-elle, que votre vie vous appartenait... que vous étiez au-dessus du danger et du malheur... que vous portiez toujours sur vous un flacon...
Les yeux de Flavie s’allumèrent.
—Cela fait-il partie de tes instructions? dit-elle; t’a-t-on chargée de me dire: «Il est l’heure de boire le poison?...»
—Il est l’heure, répéta Maxence, immobile comme une fière statue.
—Et tu fuiras, toi!... s’écria Flavie.
—Où fuir, quand on est votre fille, ma mère?... C’est la troisième fois que je vous le dis: Je suis venue pour mourir avec vous.
—Tu partagerais le poison?...
—Si vous voulez, je boirai la première.
Flavie se leva d’un temps. Elle rejeta en arrière le voile épais qui lui couvrait le visage. Elle se rapprocha de la table. Un peu de sang était revenu à ses joues. Elle saisit la bouteille, tandis que sa bouche convulsive grimaçait un sourire, et remplit le verre aux trois quarts.