Un rouge vif couvrait les joues de Maxence. L’eau-de-vie agissait avant le poison.
Elle repoussa Flavie et dit:
—Moi, je ne le veux pas, ma mère.
—Mais c’est de la folie! s’écria celle-ci s’oubliant un instant elle-même, pour la première fois de sa vie;—tu peux être sauvée, je te le dis... quand les secours viennent à temps...
—Ma mère, l’interrompit la jeune fille,—les secours ne viendront pas.
—Écoute, reprit Flavie persuasive et caressante;—je n’ai pas besoin de ta mort, moi... tu peux vivre... Veux-tu que je te l’affirme sous serment?... Tu es restée pure au milieu de nous... Va-t’en... va-t’en!... Tu me fais rire avec tes grands mots! Condamnée!...
Elle haussa les épaules en étreignant sa poitrine.
—Condamnée! répéta-t-elle;—pourquoi?... pourquoi?...
—Par moi-même et par mon amour, répondit Maxence... Écoutez à votre tour, ma mère: si j’étais comme les autres jeunes filles, si j’avais un avenir... moins que cela, si j’avais seulement un refuge, peut-être que j’hésiterais... mais je n’ai rien. Cet amour qui m’a fait naître à la vie, je le réprouve et je le déteste: voilà pour l’avenir... Pour le refuge, vous ne m’avez pas appris à le chercher en Dieu, ma mère... Je vacille entre l’incrédulité que vous m’avez enseignée et la foi qui voudrait naître en moi... Je ne sais... je souffre... et, quand je regarde autour de moi, cherchant à qui demander aide ou protection, j’entends la voix du monde qui me repousse impitoyablement avec votre nom, ma mère!
—Tu me hais donc bien? prononça tout bas Flavie.