Puis, sans attendre la réponse et de ce ton qu’on prend pour secouer une discussion importune:

—Que me fait tout cela, jeune fille? Je ne sais pourquoi j’ai tardé à te le dire. Que tu vives ou que tu meures, je m’en lave les mains... Reste ou va-t’en, selon ta fantaisie: ton existence est à toi... mais sache une chose avant que je garde le silence pour toujours: je ne suis pas ta mère.

Maxence secoua la tête lentement et sans mot dire.

—Je te dis que je ne suis pas ta mère! s’écria Flavie s’exaltant devant cette résistance;—regarde moi: serais-je tranquille et froide en face de ton agonie si tu étais mon enfant!... Tes yeux se creusent: le masque paraît autour de tes lèvres... Regarde-moi: je puis voir cela sans trembler ni frémir... Il n’y a point de larmes sous mes paupières... Touche mon cœur: il ne bat pas!

—Vous êtes ma mère, prononça Maxence d’un ton glacial.

Tout son corps souple et gracieux semblait subir un lent affaissement.

Flavie repoussa son siége avec colère. Le mouvement qu’elle fit en se levant lui arracha une exclamation de douleur.

Elle parvint néanmoins à se redresser, et, la main étendue dans une attitude solennelle:

—Aussi vrai qu’il n’y a rien au delà de la mort, dit-elle, je jure que tu n’es pas ma fille.

Puis, se prenant au rebord de la table pour étayer sa défaillance,—mais gardant toute sa force de blasphémer: