Elle ne parlait plus. Un silence profond régnait dans la chambre.
Au dehors, les bruits avaient cessé. La foule s’était dispersée, suivant les divers spectacles offerts à sa curiosité. Les uns avaient accompagné les blessés, les autres avaient fait cortége aux prisonniers. Quelques-uns attendaient la force publique dans la rue de l’École, dont tous les habitants étaient sur le pas de leurs portes.
Les marais avaient repris leur aspect de sombre solitude.
On n’entendait plus que l’ondée patiente, tombant à petit bruit, et le faux hurlement du vent, engouffré dans le tuyau de la cheminée.
Maxence avait enfin pris dans son sein l’objet qu’elle cherchait.
—Ma mère, dit-elle,—ce maître que vous appelez le hasard, je l’appelle Dieu avant de mourir. Peut-être est-ce trop tard, car je viens de commettre un crime en abrégeant mes jours;—mais il aura pitié de l’abandon où se perdit ma jeunesse... Dieu est grand, ma mère, je le sens mieux à mesure que mon dernier soupir approche: je me confie sans réserve à sa miséricorde... Dieu vous a écoutée quand vous disiez: «Je suis au-dessus des vengeances de la terre et du ciel... Il y a autre chose que l’échafaud...»
—Ce papier!... s’écria Flavie pendant que la jeune fille reprenait péniblement haleine;—quel est ce papier?
C’était, en effet, un papier que Maxence tenait à la main.
Elle poursuivit:
—Dieu se venge!... Sur ce chemin d’infamie où vous poussiez de pauvres jeunes filles aveuglées, Dieu a conduit au-devant de vous votre propre enfant...