»Vital fut parfait de noblesse, de reconnaissance et d’attendrissement. Le voilà duc, ma chère, si le roi le veut,—et le roi voudra, car il ne refuse rien au maréchal.
»Est-ce un dénoûment, cela?
»La chose impossible, c’est de te dire le bonheur de Césarine quand elle a su la nouvelle. C’est bien charmant et bien bon, va, mon Aglaé, de voir la joie revenir comme un rayon de soleil, après toutes ces violences et ces désolations.
»Comme tu le penses, les blessures de ce pauvre don Juan battu, le comte Achille, n’ont pas été aussi poétiquement soignées que celles de Vital. Césarine a fait son devoir, et ces messieurs, Frémiaux, Montmorin et autres, sont venus assez régulièrement savoir de ses nouvelles; mais, en définitive, si je n’avais pas été là, je crois qu’il aurait passé une triste convalescence.
»Je me suis dévouée. Je suis si heureuse, que je deviens bonne à faire peur.
»Tu sais déjà que le pauvre Achille a mis de l’eau dans son vin. Je ne puis assurément désapprouver les démarches qu’il a faites auprès de notre chère Béatrice; c’est moi qui, la première, les ai inspirées.—Mais, faut-il l’avouer, il me peine de le voir oublier si vite et si aisément cette jeune fille, si admirablement belle et si saintement malheureuse: Maxence de Sainte-Croix.
»C’est souvent le destin de ces hommes de faire vivre ou mourir des quantités de femmes dont chacune les vaut un million de fois.
»Est-ce la faute des femmes? Ce type odieux et idiot: don Juan moderne, n’existe-t-il que par notre faiblesse et la perversion lamentable de nos sentiments?
»Je ne sais. Dussé-je vivre cent ans, je n’oublierai jamais Maxence telle que je l’ai vue, sérieuse et fière, portant à son front, comme un pur diamant, l’étoile de son malheur et passant devant nos yeux éblouis comme un miraculeux éclair de beauté...
»Il ne songe plus à elle.