—A mes affaires, répondit laconiquement Barbedor.
Il jeta en même temps sa houppelande sur le costume amphithéatral qu’il avait revêtu pour se présenter devant son public, et sortit à grands pas.
Cela fit un certain effet parmi les différents virtuoses qui se pressaient dans le vestiaire. Généralement, boxeurs, lutteurs, bâtonnistes, tireurs de sabre, de canne ou de chausson, nourrissent une très-médiocre confiance à l’endroit de leur directeur. Tous ces gaillards peu vêtus, mais surabondamment musclés, eurent ensemble la même pensée: «Si le Barbedor allait évaporer la recette!»
Il y eut un mouvement vers la porte; mais Casseur était là.
—Pas de bêtises! s’écria-t-il d’une voix tonnante,—on va lever le rideau... Si un quelqu’un de parmi vous nous mettait dans le cas de rendre l’argent au bureau, ça serait moi qui lui ferais son affaire!
Je ne suis pas le premier à faire la remarque que ces colosses sont très-habituellement poltrons. Casseur ne travaillait plus guère en public; mais il avait, ainsi que son patron, la renommée d’un homme horrible sur le terrain. On se tint tranquille.
Jean Lagard appela Casseur du doigt.
—Tu sais que, moi, lui dit-il amicalement,—je t’enverrais par la fenêtre comme un bouchon, mon gros... Y a-t-il quelqu’un là-haut?
Cette phrase avait une signification particulière. Ceux de nos lecteurs qui se souviennent des événements accomplis au château de la Savate, devineront le sens caché de cette interrogation.
Casseur haussa les épaules et répondit: