—Un jour comme celui-ci!... vous êtes fou, monsieur Lagard!
Jean le menaça du doigt. Son air était moitié riant, moitié sérieux. Il reprit sa partie en grommelant.
—C’est égal! Il y a quelque chose ici autour... J’ai idée qu’on va travailler ailleurs que sous les quinquets, cette nuit!
Le vestiaire avait une sortie sur le jardin. Barbedor traversa les allées d’un pas furibond, essayant de boutonner du haut en bas sa houppelande trop étroite. Au lieu de gagner la claire-voie qui rejoignait la rue Saint-Fiacre, il tourna sur la gauche, et poussa du pied une petite porte vermoulue, donnant sur les marais.
Un homme était là, derrière cette porte. Un ample caban de couleur sombre enveloppait sa taille. Le collet, relevé, lui cachait la figure jusqu’aux yeux.
—Tonnerre du ciel! s’écria Barbedor dès qu’il l’aperçut, avez-vous juré de me faire perdre la tête, vous?
—Parlez moins haut, répliqua l’homme au caban; les haies, les murailles, les choux, tout a des oreilles, cette nuit!
Il plongea dans l’ombre un regard circulaire et ajouta:
—Savez-vous de quoi il retourne?
—Et qui me l’aurait appris, nom d’un cœur! gronda Barbedor, puisqu’on ne vous a pas vu depuis trois jours.